La Déchirure

Comme ils étaient plus doux ses mots d’avant, sortis intuitivement

« Tout vient de la première déchirure »

L’esprit terrestre a bien appris sa leçon

Mais sentant les prémisses sanglant de ce volcan :

« Attend, attend encore un peu, je suis trop jeune. Je dois renforcer mon corps, le préparer à ton arrivé »

Reculant ce moment, se croyant seul maitre de sa destinée

Ce temps arriva tout d’abord sans grand événement

Puis déferlant dans une multitude de chocs

Architecturant un système propre

Prenant sa place dans le cosmos

Ces lignes de temps, toute une histoire

L’homme saute de mémoires en mémoires,  traçant son histoire

Laissant derrière lui et malgré lui, les petits cailloux Blancs du Petit Poucet

Ainsi je trace mon chemin dit-il

Les Lutins, ses plaisantins, profitant de son aveuglement, s’amusent au jeu de l’osselet,   

Les frictionnant avant le lancé et les confondants avec d’autres cailloux Blancs…

Blancs vous avez dit ?

Lhomme invité à ce jeu, s’en retourne, à contre vent,

S’illusionnant à analyser, comparer, peser…

 Chaque caillou rencontré.

Souvenirs d’une amnésique

Tout a un commencement, un point d’ancrage, un fil d’ariane que je tiens fortement pour ne pas me perdre et puis je finis par lâcher…

Tout a un commencement, un vague souvenir de flots, un raz de marée qui m’engloutie, respiration…

Parlons-en de ce raz de marée, vague effrayante, inévitable. Courage si tel est la Volonté ! Eaux troubles, boueuses. Je ne vois plus rien… je me laisse mourir… Respiration !

Tout est paisible maintenant, transporté par les clapotis, en terrain inconnu, je ne sais pas combien de temps je suis restée inerte, une seconde, une éternité ? N’oublie pas !

Ne pas oublier, mais quoi ? On m’appelle, je dois y aller !

Oui un vague souvenir…. Je viens te chercher, je ne te laisserais pas !

Mais qui a parlé ?

J’ai mal… la lumière artificielle est trop forte, il fait froid, mais qui sont-ils ? Je ne les connais pas… On m’envahi, je n’aime pas ça ! Je ne dois pas oublier…

Je me réveille encore de ce rêve, le haut de mes 4 ans… Qui dois- je allé chercher ? ou peut-être doit on venir ?…

Une autre question m’arrache et ne me quittera plus… Qui suis-je ?

A celui qui n’est pas descendu

Vois – tu ?

Comme il a été effroyable ton feu, forgeant le moindre de mes recoins,

Fragile, soumise, à la froideur de tes expériences.

Vois-tu, comme à chaque déversement j’ai pu, mieux te contenir ?

J’ai bien appris aussi à descendre cette blessure

Expiration

As-tu vu ?

Comme le feu de ma colère grandissait pour t’atteindre,

Récupérant ces lignes de temps, forgeant cette déchirure

Avais-tu oublié toi aussi L’Unité ?

J’ai bien appris aussi à me composer

Inspiration

Une révérence à l’abime

Il y a des êtres bizarres, tel un gouffre absorbant et ne restituant rien… Il y a des êtres ne sachant se nourrir d’eux, s’engouffrant dans les flots, un capitaine sans gouvernail ou un navire sans capitaine. Il y a des êtres issus d’un néant, entre la vie et la mort, décharnés, voyageant dans le monde, comme des saltimbanques, jouant sur un air de théâtre. Il y a des êtres ricanant de l’oubli, dérobant et dérobés à leur tour, contrôlant, contrôlés. Ils ont très peu de repos ces êtres, soutirant, soutirés, survivant…d’un monde éclaté, projeté. Tel un poème tombant par terre, fractionnant ses vers. Ses vers a soi. Vouant allégeance à qui ils doivent… une dette lourde à porter…L’histoire les a décrits comme des révoltés… ???Quelle plaisanterie ! Je tire une transparente révérence à l’abime, devant supporter, toute cette ignorance. Et c’est dans cette profondeur que nous traversons, sans leur laisser aucune de nos attentions, que nous nous souvenons… Quelle ironie.

Je t’écris, car t’écrire c’est être en toi

Il y a des rencontres qui nous marquent. Il y a des rencontres destinées à se rencontrer. Quel paradoxe. Comme si le fait de se rencontrer devenait un état. Un état de se rencontrer, comme un état d’être. Il y a des rencontres qui sont faites pour l’être, d’autres pour notre reflet. On ne peut se tromper sur l’intuition de ces rencontres, elles tombent comme une évidence. Ce sont les plus ravageuses, les plus meurtrières. Elles nous dépouillent, nous dépucellent. Nous laissant à nu, à nu de voir l’autre tel qu’il est et le voir beau, à nu de nous -mêmes. Il y a des rencontres qui s’entrechoquent. Déviant leur trajectoire pour l’instant, tout en gardant une symétrie. Il y a une grande révélation dans ces rencontres… On ne peut en mourir. On ne peut pas mourir de l’amour, on ne peut pas mourir du vivant.